Le framboisier est un "arbre",
ou plutôt un arbuste. Le "tronc" est une tige souterraine qui porte à la
fois les racines et les pousses aériennes, et progresse dans le sol à la
manière du chiendent, envahissant peu à peu tout l'espace disponible.
Il existe deux types de framboisiers, différents par leur
mode de fructification :
- Le type normal, donne une seule récolte au
début de l'été. Les pousses se développent au cours de la première saison,
et fructifient l'année suivante. Ensuite elles se dessèchent et meurent,
et sont remplacées par les pousses nouvelles.
- Le type remontant donne
une première récolte dès l'automne, sur les pousses de l'année. La
production est interrompue par l'hiver, et reprend l'année suivante,
sensiblement à la même époque que pour les framboisiers ordinaires. Ici
encore, les pousses de deux ans se dessèchent et meurent après avoir
produit.
Le sol
Le
framboisier vient dans des terrains assez variés, s'adapte aux milieux
acides ou à tendance calcaire (jusqu'à 5 %), avec une préférence pour les
sols légers et frais, riches en humus.
Supporte mal la sécheresse
excessive, l'humidité stagnante en hiver. Les terres lourdes et argileuses
ne donnent,en général, pas de bons résultats.
La plantation
Il est important de planter dans un sol propre, débarrassé des
vivaces envahissantes, car elles seraient par la suite difficiles à
éradiquer.
La durée de vie d'une plantation est d'environ 12 à 15
ans
Les terrains maraîchers sont bien entendu les plus
favorables.
En terre argileuse on fera un sous-solage sur le rang, à 40
cm de profondeur, suivi d'un labour d'automne, pour plantation au
printemps. Sur de petites surfaces on peut faire d'abord un fossé de 20 cm
de profondeur sur 40 cm de large, la terre est laissée sur le côté tout
l'hiver pour être émiettée par le gel. Bêcher le fond de la
rangée.
Apporter une fumure de fond sur le rang, à raison de 5 kg de
roches volcaniques (basalte ou autre) + 3 kg de poudre de corne ou de
compost bien décomposé par mètre linéaire.
La conduite
Sur fils de
fer
Des pieux tous les quatre à six mètres, sur lesquels sont tendus
des fils de fer doubles, le premier à 70 cm, le deuxième à 1,30 m. Les
pousses sont glissées entre les fils de fer au fur et à mesure de la
pousse.
La taille
Framboisiers ordinaires
Supprimer toutes les pousses ayant fructifié,
reconnaissables à leur écorce plus rugueuse, et leur début de
dessèchement. On recommande parfois de raccourcir les pousses restantes à
80 cm de haut, ce qui n'est pas forcément une bonne idée, car les plus
beaux fruits sont portés par les extrémités. En revanche il est
intéressant de raccourcir une tige sur deux à 40 cm, pour étaler la
production. Celles qui sont taillées donneront leurs fruits plus
tardivement.
Eliminez les rejets maigrichons, ou malades (voir
paragraphe suivant), et ceux qui s'écartent trop du rang. Conserver
environ une tige tous les 15 à 20 cm sur le rang.
Framboisiers
remontants
Ils sont taillés selon le même principe. Attention de ne
pas supprimer les jeunes pousses ayant fructifié à l'automne. Couper
également les extrémité ayant produit en dessous de la trace des premiers
fruits.
Fumure, entretien
Apportez en même temps que la taille d'hiver une fumure d'entretien sous
forme de compost jeune, qui sera incorporé à la couche superficielle du
sol. La dose est d'environ une pelletée par mètre sur le rang.
Au printemps et en été , maintenir le sol meuble et exempt de
mauvaises herbes par des binages réguliers. Le framboisier supporte très
mal la concurrence des graminées, qui font dépérir une plantation en
quelques saisons.
Faire des pulvérisations de purin d'orties, qui
constitue un excellent engrais et stimulant foliaire.
Donnez un ou deux
arrosages après la récolte si le temps est sec, pour favoriser la
croissance des jeunes rejets qui conditionnent la prochaine
récolte.
Maladies et parasites
- Ravageurs
Ver des framboises (Byturus tomentosus)
Ce petit
coléoptère dépose ses oeufs à la base du pistil des fleurs. Il détruit
d'abord une partie de la floraison, puis s'attaque aux fruits eux-mêmes.
En cas d'attaque, traiter au moment de la floraison avec un
insecticide naturel à base de rothénone. Répéter le traitement dix jours
plus tard
L'anthonome (Anthonomus rubi)
Un petit charançon
qui perfore les boutons pour déposer ses oeufs, et incise le pédoncule
floral, ce qui entraîne la chute du bouton. Même traitement que pour le
Byturus.
Les pucerons (Aphis idaei, Amphorophora
rubi)
Le puceron vert et le puceron jaune provoquent au printemps
des déformations et la décoloration du feuillage. A éliminer car ils sont
souvent porteurs de virus qui causent la dégénérescence des plants.
Traiter avec un insecticide naturel à base de rothénone
Cecidomie
(Lasiopera rubi)
Une mouche qui dépose ses oeufs en mai sur les
petites pousses, et provoque l'apparition d'une grosse galle. Couper et
brûler
Agrile (Agrilus)
Galeries spiralées sous les écorces,
apparition de galles et présence d'une larve à l'intérieur d'une galerie
spiralée. Couper et brûler.
- Les maladies
cryptogamiques
Le dessèchement de pousses
(Dydimella applanata,)
Commence en juin juillet par l'apparition
de taches violacées sur les jeunes pousses. Elles virent ensuite au brun
et s'étendent sur tout le pourtour du rameau, qui se crevasse et meurt.
Coupez et brûler les tiges atteintes, traitez après la taille à
l'oxychlorure de cuivre (6 gr/l).
L'anthracnose
(Gloesporium)
Provoque des tâches pourpres sur les tiges, qui
s'élargissent et se creusent, et peuvent entraîner le dessèchement des
rameaux.
Même lutte que contre le dessèchement du au
Dydimella.
Septoriose (Septoria rubi)
Apparition de taches
rouges sur les feuilles avec un centre grisâtre, nombreux points noirs
visibles à la loupe. Traitement prêle avant récolte, cuivre et prêle après
récolte.
Rouille (Phragmidium)
Taches jaune orangées ou
brunes sous les feuilles
Traitement systématiques à la prêle en même
temps que les autres traitements.
Les viroses
Le framboisier est sensible à un certain nombre de maladies
virales, transmis par les insectes piqueurs, en particulier les
pucerons.
4
Lutter contre les pucerons
4 Planter dans un sol débarrassé des
némathodes
4
Choisir des plants certifiés sans virus
4 Les ronces sons elles mêmes contaminées par
le virus. Eviter leur voisinage
Protocoles de
traitements
Démarrage de la végétation Purin
d'ortie à 5 % + oxychlorure de cuivre à 5 gr/l
Début de floraison
Pulvérisation insecticide à base de pyrètre-rothénone contre pucerons,
anthonome et Byturus + précobakt en suspension, à 100
grammes/litre.
Floraison + 10 jours Pulvérisation insecticide à base de
pyrètre-rothénone contre pucerons, anthonome et Byturus.
Après récolte
(N.R) Pulvérisation de purin d'ortie à 5 %
Début novembre Après la
taille. Pulvérisation purin d'ortie à 5 % + oxychlorure de cuivre à 3 gr +
décoction de prêle.
Les purins de plantes
Le purin d'ortie
Ce n'est pas le résultat d'une putréfaction
mais d'une fermentation.
Mettre 1 kg d'ortie dans 10 litres
d'eau
Laisser fermenter environ 10 jours, dès que que le produit n'émet
plus de bulles, filtrer, et conserver dans des bidons remplis à ras bord.
On l'emploie dilué à 5 %, en pulvérisation, pour dynamiser la
croissance des plantes.
En arrosage, le purin d'ortie est utilisé
dilué à 20%, toujours sur sol humide.
Le purin de prêle
Fabriqué selon le même processus, 1 kg pour 10 litre d'eau.
S'emploie dilué à 10 %, peut être ajouté au purin d'ortie chaque fois
qu'il y a risque de maladies cryptogamiques.
Ces traitements peuvent être associés aux produits
classiques tels que soufre, lithotamne et bouillie bordelaise.