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Les poules sont des animaux dotés d'une capacité de
défrichage impressionnante, et les poulaillers les mieux enherbées
finissent souvent par ressembler à une steppe désolée. Pour y faire
renaître un peu de végétation, plantez donc quelques arbres. Et pas
n'importe quels arbres, plantez des arbres à poule.
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Des mûriers et des poules
Le premier avantage que tireront vos gallinacés de la présence d'un
arbre, c'est de disposer d'un coin ombragé en été. Ce qu'elle ne
manqueront pas d'apprécier. Elles y trouveront éventuellement un endroit
où se percher, si les premières branches ne sont pas trop hautes. Mais
ce qui donne toute sa valeur à un tel arbre dans un poulailler, c'est sa
capacité à fournir pendant un temps suffisamment long un complément de
nourriture fraîche, autrement dit de leur donner des fruits. La
tradition des "arbres à poules" (j'ignore si on leur donne là bas ce nom
suggestif), est encore assez répandue dans le sud ouest. Dans cette
région les agriculteurs plantent très souvent un mûrier noir dans leur
poulailler, ou dans la cour de la ferme, pour le plus grand bénéfice des
volailles. Le mûrier noir est un joli arbre, aux larges feuilles raides
au toucher, qu'il est totalement déconseillé de planter au dessus d'un
banc ou d'une table de jardin, à cause de la quantité de fruits
extrêmement salissants qui tombent de sa ramure entre le mois d'août et
le mois de septembre. On en faisait jadis un sirop contre l'angine, et
on s'en sert encore parfois pour les confitures, mais c'est un fruit en
général peu goûté des humains. En revanches les volailles en raffolent,
elles y trouvent une source d'aliments frais qui complète
harmonieusement leur régime souvent trop riche en graines.
Sureaux, poiriers et groseilliers
Le mûrier noir (et
son cousin le mûrier blanc), aime les terrains légers et plutôt secs, il
est d'un tempérament assez frileux, on ne peut donc pas le planter
partout. Heureusement il existe bien d'autres arbres qui peuvent trouver
leur place dans ou à proximité d'un poulailler. Ils doivent avoir pour
qualité la rusticité, l'abondance de production, ainsi que la faculté de
laisser tomber des fruits au sol pendant une assez longue période.
Le sureau est intéressant parce qu'il pousse à peu près partout, ne
coûte rien, et produit beaucoup. Malheureusement il a tendance à
réserver ses fruits aux passereaux qui se perchent dans ses branches.
Pour que les poules puissent en profiter, il faut couper quelques
grappes chaque matin pour les faire tomber au sol, ce qui n'est pas un
travail bien fastidieux. Le poirier est également très apprécié, mais on
préfère bien entendu en conserver les fruits pour la consommation
familiale... à moins de planter un exemplaire dans le poulailler
spécialement réservé aux poules. Les variétés vigoureuses comme la poire
curé ou la doyennée du comice conviennent bien. Moins connu, mais
tout aussi productif, le cormier ou sorbier domestique donne une
quantité de petits fruits à chair un peu astringente en septembre
octobre qui sont facilement picorés quand ils deviennent blets. Pensez
également aux mures sans épine, cet hybride de mûre américaine qui
fructifie sans discontinuer pendant deux mois, entre mi-juin et
mi-septembre suivant les variétés. Un ou deux pieds suffisent pour
démarrer la plantation. L'extension se fait ensuite à partir des
marcottes se formant naturellement à l'extrémité des pousses, qui
s'enracinent quand elles touchent le sol. Il faut les planter le long du
grillage, ce qui permet de les palisser et de les entretenir. Les fruits
qui tombent à l'intérieur sont pour les volailles, ceux qui mûrissent à
l'extérieur pour les humains. Dans le même ordre d'idée, on peut
profiter de la taille des groseilliers et des cassis pour planter une
rangée de boutures autour du poulailler, après avoir travaillé une bande
de terre de quatre vingt centimètres à un mètres tout autour du grillage
(maturité mai-juin). Autre grand classique, à réserver aux climats
doux, le kaki ou plaqueminier de chine. La plupart des gens se lassent
vite de ces fruits à la saveur particulière, et une grande partie de la
production pourrit sans avoir été ramassée. En revanches les poules en
raffolent.
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Inventez votre verger
avicole Au chapitre des arbres à poule, on
aurait pu citer le sorbier des oiseleurs (il faut le secouer pour faire
tomber les fruits) le pommier, en particulier les variétés à chair
tendre comme la transparente de Croncels ou l'astrakan rouge, ou encore
le figuier, facile à bouturer et qui ne coûte rien dans les endroits où
sa culture est possible. L'idée étant non pas de cultiver un verger pour
nourrir des volailles, mais de planter quelques arbres dans ou autour du
poulailler, pour compenser, avec le minimum de travail possible, leur
manque chronique de nourriture fraîche. A vous de composer avec les
moyens du bord, les arbres qui poussent dans votre région, un menu
"fruits de saison" qui s'étale sur la plus grande période possible. Sans
négliger bien sur votre verger familial !
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