En arboriculture bio, on met plutôt l'accent sur les interventions
préventives, en hiver, et sur le bon équilibre du sol plutôt que sur les
traitements d'été. Ceci étant, il est souvent nécessaire de soigner les
arbres en été, avec des produits qui soient le moins nocifs possibles pour
l'environnement.
Les pucerons
Contre les pucerons,
il y a bien sûr les coccinelles, les larves de chrysope, les
perce-oreilles, tout un tas d'auxiliaires qui ne demandent qu'à nous aider
à monter la garde. Chaque fois que c'est possible, laissez les faire le
travail, car les insecticides les plus "bio" sont fatals à ces précieux
amis du jardinier ! Mais si le besoin s'en fait sentir ne laissez pas vos
arbres à la merci des suceurs de sève. Souvenez vous également que les
fourmis protègent "leurs" pucerons avec beaucoup de zèle. Il faut les
empêcher de monter dans les arbres enduisant les troncs d'une bande de glu
à mi-hauteur.
Que faire :
- Eviter les trop fortes fumures
azotées.
- A ne pas négliger, les remèdes dits "de bonne femme" souvent
très efficaces : arroser les pousses atteintes avec la lance d'arrosage,
pulvériser une solution de savon noir, ou du thé d'absinthe.
-
Pulvériser un insecticide à base de roténone, biodégradable et utilisable
jusqu'à la récolte. Sans danger pour les abeilles, mais malheureusement
fatal à la plupart des insectes auxiliaires.
- Poudrer avec une poudre
de roche micronisée
- Mettre des anneaux de glu autour des troncs
(anti-fourmis). Sur les arbres jeunes, ne pas mettre la glu directement
sur l'écorce, mais interposer une bande protectrice en carton.
Le carpocapse
Ce "ver" des
fruits, qui est en réalité une chenille, sévit principalement dans les
pommes, mais on peut trouver ses semblables également dans les poires, les
prunes, les noix, les châtaignes. La lutte est assez délicate, car la
période pendant laquelle le parasite se trouve à l'extérieur du fruit
(stade baladeur) est très courte, et difficilement repérable pour
l'amateur.
La solution la plus sage est de supporter quelques fruits
véreux, tout en mettant en oeuvre tout les moyens possibles pour limiter
les pullulations et tenir en respect l'envahisseur sans chercher à
l'anéantir totalement.
Que faire :
- Ramasser les fruits tombés
avant maturité, ils sont souvent véreux.
- Placer dés la mi-juin des
bandes de carton ondulé autour des troncs pour piéger les larves, et
surveiller régulièrement jusque fin octobre pour détruire les larves
qu'ils abritent.
- Disposer à partir de Mai des pièges à phéromone
sexuelle qui attirent les papillons mâles et diminuent ainsi les
fécondations.
- Traiter deux fois, dés le début de Mai, avec de la
bactospéine, un produit sélectif spécifique des chenilles.
- Disposer
des nichoirs pour les mésanges, et des abris pour l'hiver ("trous à
mésange").
La mouche de la cerise
Les cerises
véreuses sont le résultat de l'action d'une petite mouche qui pond sur les
fruits en train de mûrir, entre la fin mai et le début juin. Chaque mouche
dépose un oeuf par fruit, en tout une cinquantaine, et sait parfaitement
reconnaître les fruits qui ont déjà été visités. Les variétés tardives
sont les plus atteintes car elles mûrissent au moment de l'activité
maximale de la mouche.
Que faire :
- Planter de préférence des
variétés précoces
- Disposer des pièges englués de couleur jaune
pourvus d'une capsule attractive à base de sulfate d'ammonium.
- Si
nécessaire, traiter avec un insecticide naturel (roténone) entre le 7 et
le 15 Juin.
- Eliminer les fruits véreux tombés à terre.
La cloque du pêcher
La cloque se
traite préventivement avant le débourrement. Après, c'est un peu tard, il
n'existe pas de traitement curatif efficace, et si l'attaque se renouvelle
plusieurs années de suite les arbres finissent par mourir. Comment faire
pour les aider à passer le cap en cas de cloque déclarée ?
Que faire
:
- Supprimer les feuilles cloquées, couper les parties de feuilles
atteintes. L'arbre refera de nouvelles feuilles qui souvent échappent à la
maladie.
- Pulvériser du purin d'orties dilué.
- Apporter du bore,
dont la carence favoriserait l'apparition de la cloque.
- Evitez les
tailles trop agressives qui affaiblissent les arbres.
La tavelure
La tavelure se
reconnaît facilement aux tâches brunes qu'elle provoque sur les feuilles,
puis sur les fruits qui peuvent aller jusqu'à se craqueler, se crevasser
et devenir complètement inconsommables. C'est une maladie endémique du
pommier et du poirier qu'il vaut mieux contrôler avant le débourrement,
par des traitements à base de bouillie bordelaise. Les années pluvieuses,
et/ou sur les variétés sensibles, on utilisera en cours de végétation le
soufre additionné d'une "pointe" de cuivre.
Que faire :
- Traiter
avec des pulvérisations de soufre mouillable : 6 g/l + O,5 g/l de bouillie
bordelaise.
- Planter des variétés résistantes.
Le mildiou de la vigne
Sur le
dessus des feuilles apparaissent des "tâches d'huile", décolorées, et en
dessous, par temps humide, des efflorescences duveteuses de couleur
blanche. Les jeunes grappes peuvent ensuite être contaminées et se
dessécher.
Que faire :
- traiter à la bouillie bordelaise, une
première fois quand les pousses atteignent 10 cm, puis aussitôt après la
floraison, et une troisième fois un mois plus tard. Pendant les périodes
pluvieuses, il faut traiter tous les 12 - 14 jours.
- Supprimer les
pousses qui touchent le sol.
L'oïdium
L'oïdium, ou blanc, peut
causer des dégâts très graves et détruire totalement une récolte. Il se
manifeste par un feutrage blanc caractéristique qui recouvre parfois
complètement les feuilles, et endommage les jeune rameaux. Ce champignon
microscopique s'attaque à un grand nombre de plantes, et n'a pas besoin
d'un temps particulièrement humide pour proliférer.
Que faire :
-
Traiter préventivement en hiver avec du permanganate de potassium à 1g/l,
pour décaper les formes hivernantes.
- Planter des variétés
résistantes (demandez conseil à votre pépiniériste)
- Eviter les zones
mal aérées, propices au développement de la maladie.
- Ramasser les
feuilles mortes et les brûler.
- Traitez avec du soufre, en
pulvérisation ou en poudrage. Le soufre est efficace entre 18 et 30°, au
delà de 30° il y a risque de toxicité pour les plantes.
La chlorose
La chlorose ferrique,
ou jaunisse est cette maladie de carence qui se manifeste par un
jaunissement des feuilles terminales, les nervures restant vertes. Ce
signe marque une incapacité de la plante à assimiler le fer, à cause d'un
excès de calcaire dans le sol, un terrain mal drainé, ou les deux à la
fois.
Que faire :
- Drainer le sol, l'aérer, faire des binages et
des apports de compost bien décomposé.
- Apporter du fer assimilable,
sous forme de chélate de fer ("Séquestrène") plutôt que l'habituel sulfate
de fer.
- Choisir un porte greffe adapté au terrain calcaire.